Cambodge

merveilleux, mysterieux, spectaculaire heritage Khmer (Angkor, Sembor Prey Kuk)

Apres 150km de route difficile, depuis la frontiere, ou nous nous battons contre poussiere, trous, poussiere, re-trous, et poussiere, nous arrivons a Siem Reap, aux portes d'Angkor. C'est a velo, mais non charge cette fois-ci (comme c'est bon!), que dans la nuit nous pedalons vers ce fameux site, dont le nom seul stimule l'imagination, pour y voir se lever le soleil.

Alors que nous balladons d'un temple a un autre, nous ne pouvons que nous demander ce qui donne a Angkor son caractere si unique, si imposant mais si accueillant, si admirable. Est-ce la construction de ces edifices - entre les VIIIeme et XIVeme siecles - si grands (Angkor wat est le plus grand edifice religieux au monde), si bien construits, si beaux dans leur architecture et dans leur attention au detail qui suscite l'admiration? Ou bien est-ce l'incroyable conservation de ces monuments, au fil du temps et des moussons? Ou bien encore est-ce le fait qu'ici et la, la jungle a repris le dessus, et racines et batiments s'embrassent pour creer une nouvelle oeuvre?

Angkor n'est pas seulement un ensemble de temples construits par les successifs rois Khmers alors que l'empire s'etendait, a son apogee, du Vietnam au sud de la chine et jusqu'a la baie de Bengal. Angkor force a la reflexion, a la pensee. On se sent tout petit - face au temps, face a l'histoire, face a la nature. L'homme a construit, annee apres annee, regne apres regne, des temples dedies a diverses divinites, selon les penchants des empereurs qui se sont succedes. Il n'a pas seulement construit, il a tres solidement construit, et il a grave, sculpte, embelli. De magnifiques monuments a la gloire de telle divinite ou tel empereur - l'homme laissant sa marque dans le temps, dans l'histoire. Ou plutot un homme (par temple) laissant sa marque: aujourd'hui, on ne se rappelle guere plus que de l'empereur qui a fait construire le temple. On a envie a la fois de saluer l'ingeniosite, la beaute, la creation de telle oeuvre par l'homme. Et a la fois on en questionne le sens: tant d'hommes, sans noms ni traces aujourd'hui, y sont morts, casses, detruits par cette meme creation. Et puis a nouveau, on est rappele au temps qui passe: la jungle qui reprend le dessus, en plusieurs endroits. Tout ca - du travail, de la creation, de la pensee, des morts et beaucoup plus encore - tout ca, et puis finalement, si on laisse le temps au temps, la nature reprend le dessus. Mais pas tout a fait pour revenir a l'etat originel - en tous cas, pas encore. Quelques 1000 ans (seulement) plus tard, elle nous offre un tableau qui est peut-etre le cote le plus merveilleux d'Angkor: en laissant seuls edifices et jungle pendant tant d'annees, ils ont recree leur propre tableau.

Les quelques photos prises parleront mieux que nos petits mots de ces magnifiques creations, des jeux des ombres et lumieres, des innombrables frises et sculptures au detour de nos deambulations. Il vous manquera malheureusement les sons de la jungle - pour l'instant en tous cas!

Apres Angkor, nous rejoignons un des plus grands sites pre-Angkoriens du Cambodge: Sambor Prey Kuk. La encore, au milieu de la jungle, mais avec beaucoup moins de touristes (parce-que moins connu qu'Angkor, plus difficile d'acces, etc), nous decouvrons ces temples, precurseurs des temples d'Angkor, vieux de 1400 ans; ponces, uses, creuses par les centaines de moussons. Et pourtant, le site continue de susciter l'admiration - quelle joie de pouvoir se ballader d'un petit temple a l'autre et de s'imaginer, de re-inventer, ce que la vie de ce site aurait pu etre il y a tant d'annees. Les constructions de brique et de beton n'ont pas toutes bien survecu aux saisons qui passent, et le beton certainement montre sa superiorite. Mais la encore, c'est l'ensemble construction humaine et action de la nature qui nous attire et nous emerveille.

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vous pouvez voir toutes nos photos sur la photolibrary.

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